Mémoire du Petit-Ry
Entre l'éclat des ruisseaux d'antan et l'esprit villageois qui anime encore ses rues, le Petit-Ry raconte une histoire d'eau, de terre et de solidarité humaine.
Aux origines : le murmure du ruisseau et les grandes terres
Avant de devenir le quartier résidentiel que nous arpentons aujourd'hui, le Petit-Ry tirait son nom du latin rivus (qui donna « Ri » ou « Ry »), évoquant le petit cours d'eau de la Boisette qui traversait autrefois ce vaste plateau de 75 hectares. Se frayant un chemin vers la Dyle, ce ruisseau capricieux sortait fréquemment de son lit lors des pluvieux après-midis d'automne, façonnant un paysage essentiellement agricole rattaché à la ferme de Balbrire et aux terres de la famille de Beauffort.
1949 : L'aventure des pionniers de la Petite Propriété Terrienne
Le destin du plateau bascule au lendemain de la guerre, lorsque la zone est classée en secteur résidentiel en 1948. Dès 1949, la Société Nationale de la Petite Propriété Terrienne entreprend d'y bâtir un lotissement d'un genre nouveau, destiné à offrir à des familles modestes — souvent des employés des chemins de fer ou de la Poste — un cadre de vie semi-rural privilégié.
Pour la somme de 270 000 francs de l'époque, les acquéreurs des 38 premières maisons devenaient propriétaires d'un foyer, mais aussi d'une parcelle à cultiver. Le concept imposait une règle stricte mais généreuse : chaque propriété devait accueillir un jardin potager et une annexe pour le petit élevage de volailles ou de lapins, garants d'une autonomie au quotidien.
De la boue des débuts au souffle communautaire
L'installation des premiers habitants ne se fit pas sans peine. Les bâtisseurs découvrirent un chantier où les rues n'étaient encore que des chemins de terre transformés en ornières de boue à la moindre pluie. Pendant plusieurs mois, il fallut vivre sans électricité et parcourir des dizaines de mètres avec des seaux pour puiser l'eau courante à une borne-fontaine commune.
Loin de décourager les arrivants, cette rusticité originelle forgea un puissant ciment social. On se prêtait les outils pour achever les finitions des maisons, on s'entraidait pour retourner la terre des jardins, et l'on se retrouvait lors de matches de balle pelote, de rencontres de football folkloriques ou de fêtes de quartier joyeuses. L'arrivée massive d'enfants entraîna naturellement la création d'une école de quartier en 1960, suivie par la consécration de l'église Saint-Pie X en 1964.
Rattrapé peu à peu par l'urbanisation environnante et la modernisation d'Ottignies, le vieux ruisseau de la Boisette finit par être définitivement voûté et canalisé en 1975, scellant la transformation du vallon agricole en un quartier chaleureux au patrimoine bien vivant.
Pour approfondir cette lecture
Retrouvez l'intégralité des témoignages, des plans historiques et des détails d'époque dans l'archive originale.
Source : Revue trimestrielle publiée par l’a.s.b.l. Cercle d’Histoire,d’Archéologie et de Généalogie d’ Ottignies-Louvain-la-Neuve. — Reproduction sans but lucratif autorisée avec mention de la source.